Voyager en Islande en camping-car : la liberté, mais pas de nuits n’importe où

Voyager en Islande en camping-car : la liberté, mais pas de nuits n’importe où

Voyager en Islande en camping-car convient particulièrement à un séjour estival sur la route circulaire : vous gardez votre couchage et votre cuisine avec vous, tout en adaptant les étapes à la météo. Mais cette liberté suppose de dormir dans des lieux autorisés, de choisir un véhicule adapté aux routes et de prévoir un budget conséquent. Pour un court séjour, louer sur place est généralement plus pratique que rejoindre l’île en ferry.

Choisir le véhicule selon les routes, pas seulement les couchages

Le camping-car permet de préparer ses repas et d’éviter de changer d’hébergement chaque soir. Il ne garantit toutefois ni un voyage économique ni une autonomie totale. Son gabarit complique les manœuvres, augmente la prise au vent et impose de repérer les services de remplissage et de vidange.

Voyager en Islande en camping-car sur une route côtière volcanique
Voyager en Islande en camping-car sur une route côtière volcanique
FormuleAtout principalPoint de vigilance
Camping-car classiqueEspace intérieur, cuisine et sanitaires selon le modèleEnviron 7 m de long, encombrement et sensibilité au vent
Van aménagé ou campervanPlus maniable, généralement moins de 5 mEspace réduit et sanitaires parfois absents
Camper 4x4Accès potentiel à certaines routes difficilesAutorisation du loueur et garde au sol à vérifier
Voiture et hébergementsConfort le soir, conduite plus simpleÉtapes moins souples et hébergements à réserver

Pour un couple qui reste sur les grands axes, un van peut suffire. Avec des enfants, pouvoir manger à l’intérieur sans transformer les couchages devient précieux. Si les Hautes Terres sont incontournables, commencez par identifier les routes envisagées : une transmission intégrale ne constitue pas une autorisation générale d’emprunter les routes F.

Examinez aussi les textiles de l’habitacle : rideaux occultants, housses et espace pour faire sécher les vêtements. Un tissu humide posé sur les banquettes finit par rendre tout le logement inconfortable. Demandez si la ventilation et le chauffage permettent de sécher les vestes sans bloquer les aérations ; prévoyez une séparation entre vêtements mouillés et literie. Ce détail compte davantage au quotidien qu’un équipement de cuisine supplémentaire.

Location sur place ou ferry : comparer le voyage entier

Louer en Islande pour préserver ses jours de vacances

Une prise en charge près de Keflavik ou de Reykjavik évite le trajet jusqu’au Danemark et la traversée maritime. Comparez les offres à dates et équipements identiques : chauffage, literie, vaisselle, kilométrage, conducteur supplémentaire et transfert depuis l’aéroport peuvent modifier le total.

Examinez surtout la caution, les franchises et les exclusions concernant les projections de gravillons, les pneus, le dessous du véhicule et les passages à gué. Faites photographier les dommages existants lors de l’état des lieux et demandez la procédure d’assistance. Réserver tôt améliore le choix des configurations, notamment pour les familles.

Embarquer son camping-car depuis le Danemark

Smyril Line relie Hirtshals à Seyðisfjørður, dans l’est islandais, avec une escale aux îles Féroé. Comptez environ 40 heures à deux jours de traversée selon la rotation, avec une desserte hebdomadaire à vérifier dans le calendrier. Ajoutez le trajet routier jusqu’au port et les marges d’embarquement.

Les repères tarifaires publiés sont très variables : roadsurfer évoque environ 840 € aller-retour avec cabine à deux lits et véhicule jusqu’à 7 m, tandis que Generation Voyage indique environ 750 € l’aller simple pour deux adultes et leur véhicule. Ces montants ne sont pas des devis comparables : dates, dimensions et cabine doivent être renseignées pour obtenir un prix exploitable. Pour un véhicule loué en France, exigez l’autorisation écrite de rejoindre l’Islande et d’emprunter le ferry.

Construire un budget sans oublier les nuits et les suppléments

En été, les fourchettes indicatives sont d’environ 300 à 600 € par jour pour un camping-car et de 200 à 300 € pour un campervan. Pour 14 jours facturés, cela représente respectivement 4 200 à 8 400 € ou 2 800 à 4 200 €, avant carburant, campings et assurances supplémentaires. Un tarif hivernal autour de 200 € par jour pour un camping-car ne compense pas nécessairement les contraintes de saison.

  • Transport : vols et transferts, ou ferry et trajet jusqu’à Hirtshals.
  • Véhicule : location, garanties, équipements et éventuels frais de restitution.
  • Route : carburant, stationnements et péages éventuels.
  • Vie quotidienne : campings, électricité, douches, courses et activités.

Pour le carburant, calculez la distance prévue multipliée par la consommation aux 100 km, puis par le prix au litre. Les repères de 7 000 couronnes pour 30 litres et de 9 000 couronnes pour 40 litres donnent un ordre de grandeur, pas un tarif garanti. Prévoyez également une marge pour les détours météo.

Les campings facturent souvent par personne, avec des suppléments possibles. La Camping Card ne concerne que les établissements affiliés : une rentabilité à partir de 6 nuits est évoquée dans des retours de voyageurs, mais elle dépend de votre composition familiale et du parcours. Comparez son prix et ses suppléments au total des nuits réellement prévues dans le réseau, sans détour imposé pour « rentabiliser » la carte.

Conduire et dormir : les règles qui encadrent la liberté

En véhicule aménagé, prévoyez vos nuits en camping ou sur un emplacement explicitement autorisé. Un parking panoramique n’est pas automatiquement un lieu où passer la nuit. Sur terrain privé, un accord du propriétaire ne dispense pas de respecter les restrictions locales. Les indications de Park4night ou Campercontact doivent être recoupées avec la signalisation et les conditions du gestionnaire.

Vérifiez les dates d’ouverture, l’arrivée tardive et les services : eau potable, vidange des eaux grises, toilettes chimiques, branchement électrique. Réservez lorsque c’est possible pour une étape très demandée et gardez une solution de repli. Ne vidangez jamais dans la nature.

Avant chaque trajet, consultez l’état des routes, les prévisions et les alertes locales. Le vent peut rendre un grand camping-car difficile à maîtriser. Les routes F nécessitent un véhicule adapté et autorisé ; une route gravillonnée, elle, n’est pas forcément une route F, mais peut aussi être exclue du contrat.

  • Gardez les feux de croisement allumés toute l’année.
  • Respectez les panneaux et les limites propres au véhicule : les repères généraux sont 50 km/h en ville, parfois 30, 80 sur gravier et jusqu’à 90 sur asphalte.
  • Ralentissez aux transitions asphalte-gravier, aux ponts étroits et près des moutons.
  • Vérifiez les pneus adaptés à la saison et les modalités du péage de Vaðlaheiði si vous l’empruntez.

Adapter la boucle au temps disponible et à la saison

L’été est le choix le plus simple pour débuter : longues journées et davantage de campings ouverts. Cela n’exclut ni pluie, ni froid, ni fermetures ponctuelles. Hors saison, vérifiez le chauffage, la protection des circuits d’eau et les campings effectivement ouverts. Un voyage hivernal demande davantage d’expérience et de souplesse.

  • 7 jours : privilégiez le Cercle d’Or et la côte sud, avec Thingvellir, Gullfoss, Seljalandsfoss, Skógafoss et Vík.
  • 8 jours : approfondissez le Sud, éventuellement jusqu’à Jökulsárlón, plutôt que de forcer le tour complet.
  • 14 jours : envisagez la route circulaire N1, les fjords de l’Est, Mývatn et le nord, avec une marge météo.
  • 21 jours : ajoutez des étapes lentes ou les fjords de l’Ouest selon les routes, le véhicule et les conditions.

Repérez pour chaque étape un camping principal, une alternative et les possibilités de ravitaillement. Gardez la dernière nuit à distance raisonnable de la restitution. Un itinéraire réussi laisse le temps de s’arrêter ; il ne transforme pas chaque changement de météo en course pour rattraper le programme.

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