Islande en famille en camping-car : voir moins, profiter davantage sur la route 1

Un road trip en Islande avec des enfants fonctionne très bien en camping-car à une condition : accepter de voir moins pour mieux profiter de chaque étape. Le véhicule offre un refuge face au vent, à la pluie et aux siestes imprévues, tout en évitant de refaire les valises chaque soir. Il demande toutefois une préparation sérieuse. Choix du modèle, campings officiels, météo, rythme de conduite et budget peuvent transformer une belle aventure en voyage fatigant s’ils sont sous-estimés.
Le camping-car est-il adapté à un voyage familial en Islande ?
Pour une famille, le camping-car réunit transport, hébergement et cuisine. Cette organisation simplifie les journées : un enfant peut manger, se changer ou se reposer sans chercher un restaurant ni une chambre disponible. Sur une île où les hôtels et les repas au restaurant peuvent peser lourd dans le budget, cuisiner à bord apporte aussi une marge de manœuvre appréciable.
Le principal avantage reste la flexibilité. Une cascade sous une pluie battante, un vent trop fort sur la côte ou une fatigue générale ne condamnent pas la journée. Il suffit de raccourcir une marche, de se replier dans l’habitacle ou de modifier l’étape suivante. Cette liberté ne permet pas de stationner partout. Elle repose sur un itinéraire souple, mais aussi sur des nuits planifiées dans les campings autorisés.
Le bon rythme selon l’âge des enfants
Avec un bébé ou un enfant de maternelle, prévoyez une seule activité principale par jour et limitez les longs trajets successifs. Les cascades, les plages de sable noir, les zones géothermiques et les courtes promenades offrent déjà beaucoup de variété. Un porte-bébé est souvent plus utile qu’une poussette sur les sentiers irréguliers, les caillebotis ou les abords volcaniques. Avec des enfants plus grands, les randonnées peuvent s’allonger, mais les temps de route et les pauses doivent rester intégrés au programme.
Le camping-car devient une véritable jauge de la fatigue familiale. Avant d’ajouter un détour, observez ce qui se passe à bord : repas pris calmement, sieste récupératrice, vêtements encore secs, envie réelle de marcher. Si plusieurs voyants passent à l’orange, mieux vaut choisir un camping proche, une piscine municipale chaude ou une courte balade. Cette lecture du quotidien évite de confondre accumulation de sites et qualité du voyage.
Van, camping-car ou camper 4x4 : quel véhicule choisir ?
Le meilleur véhicule dépend moins du rêve d’aventure que du nombre de voyageurs, de l’âge des enfants et des routes visées. La route 1, aussi appelée Ring Road, est majoritairement asphaltée. Elle permet d’accéder à une grande partie des paysages emblématiques sans 4x4. Les F-roads, routes de montagne saisonnières, imposent en revanche un véhicule autorisé par le loueur et ne conviennent pas à un camping-car classique.
| Solution | Atouts familiaux | Limites | Usage pertinent |
|---|---|---|---|
| Camper van | Maniable, généralement inférieur à 5 m, plus simple à garer | Espace et rangements limités, vie à bord plus serrée | Couple avec un enfant ou famille légère sur la route 1 |
| Camping-car | Couchages, cuisine, rangements, parfois toilettes et douche | Véhicule encombrant, souvent autour de 7 m | Famille recherchant confort et autonomie |
| Camper 4x4 | Accès à certaines pistes autorisées, garde au sol | Confort variable, coût et contraintes de conduite | Itinéraire incluant des hautes terres, si le contrat l’autorise |
| Voiture et hébergements | Conduite facile, chambres fixes | Réservations nombreuses, moins de souplesse | Séjour court ou préférence pour le confort hôtelier |
Les points à vérifier avant la location
Comparez la configuration réelle des couchages, la présence de sièges auto compatibles, le chauffage, les équipements de cuisine, les réserves d’eau et les rangements accessibles. Demandez aussi les conditions d’assurance, le montant de la caution, les exclusions concernant les routes et le kilométrage inclus. Un véhicule trop petit devient vite pénible lorsque manteaux, bottes, provisions et jeux d’enfants doivent sécher ou être rangés chaque soir.
Budget et réservation : ce qu’il faut anticiper
La location représente la dépense centrale. En été, un camping-car est indiqué autour de 300 à 600 € par jour, tandis qu’un camper van se situe autour de 200 à 300 € par jour. En hiver, un camping-car est mentionné autour de 200 € par jour. Ces repères varient selon la taille du véhicule, la durée, les assurances, les équipements et la période de réservation.
Ajoutez au calcul le carburant, les campings, les douches lorsqu’elles sont payantes, l’alimentation, les activités, les assurances et les éventuels suppléments pour les enfants. Le camping-car réduit les dépenses de restauration, mais ne rend pas l’Islande bon marché. Réserver tôt est particulièrement utile pour obtenir un modèle adapté à toute la famille plutôt que de choisir parmi les dernières disponibilités.
Venir avec son propre véhicule
Il est possible d’embarquer son camping-car sur un ferry au départ de Hirtshals vers Seyðisfjörður, via les îles Féroé. La traversée dure environ deux jours, avec un trajet hebdomadaire selon les informations disponibles. Un aller-retour avec un grand véhicule est estimé à un peu moins de 1 000 € en moyenne. Cette option peut intéresser les familles qui voyagent longtemps, mais elle exige de comparer le coût global avec une location sur place et de réserver suffisamment en amont.
Où dormir, se ravitailler et se laver légalement ?
Le camping sauvage ne doit pas être considéré comme une solution acquise. Privilégiez les campings officiels, qui offrent un cadre légal et facilitent l’accès à l’eau, aux sanitaires, à l’électricité ou aux espaces de vidange selon les sites. La Camping Card peut être intéressante selon le nombre de nuits et les campings retenus, mais vérifiez toujours les établissements inclus et les services qui restent à payer.
Organisez la vie à bord autour de trois gestes simples : faire le plein d’eau avant de quitter un camping, vider les eaux usées aux emplacements prévus et garder une réserve alimentaire pour les journées isolées. Les piscines municipales constituent une bonne parenthèse familiale. Elles permettent de se laver, de se réchauffer et de transformer une journée pluvieuse en bon souvenir. Ne laissez aucun déchet sur les parkings ou les sites naturels. Les paysages fragiles ne sont pas des aires de bivouac.
Construire un itinéraire réaliste de 7 à 14 jours
La route circulaire fait environ 1 300 km. En théorie, dix jours sont souvent évoqués pour le tour de l’île, mais une famille gagne à prévoir davantage ou à concentrer son voyage sur le sud. Les distances islandaises se parcourent lentement : arrêts photo, moutons sur la chaussée, vent, pluie, routes gravillonnées et envie soudaine de s’arrêter devant une cascade modifient facilement l’horaire.
Une semaine : le sud plutôt que le tour complet
Consacrez les premiers jours à Reykjavík, au Cercle d’Or avec Þingvellir, Geysir et le geyser Strokkur, puis à la côte sud. Seljalandsfoss, les plages noires près de Vík, les glaciers et la lagune glaciaire de Jökulsárlón offrent un concentré d’Islande. Le geyser Strokkur jaillit toutes les 5 à 10 minutes et peut atteindre près de 20 m. Cet arrêt court et spectaculaire convient bien aux enfants. Gardez une journée tampon pour la météo ou le retour vers l’aéroport de Keflavík.
Dix jours à deux semaines : élargir sans courir
Avec dix jours, ajoutez Höfn, les fjords de l’Est ou la région de Mývatn selon votre rythme. Deux semaines permettent d’envisager le tour de l’île, Húsavík pour l’observation des baleines, Akureyri et la péninsule de Snæfellsnes. Alternez les grands paysages et les temps calmes : une randonnée courte, une source chaude, un camping agréable ou une piscine comptent autant qu’une cascade célèbre.
Conduire sereinement face à la météo islandaise
En été, les températures tournent autour de 10 °C et le temps peut changer rapidement. Habillez chaque enfant par couches : sous-vêtement chaud, couche isolante, veste imperméable, bonnet et gants. La lumière estivale quasi permanente peut perturber les siestes et le coucher. Prévoyez des masques de nuit ou une solution d’occultation compatible avec le véhicule.
Avant chaque trajet, vérifiez les prévisions et adaptez le parcours. Sur la route, réduisez la vitesse lorsque le vent, la pluie ou le gravier l’exigent, gardez vos distances et surveillez les troupeaux de moutons. Ne vous engagez jamais sur une F-road si le véhicule ou le contrat de location ne l’autorise pas. Enfin, arrêtez-vous uniquement dans les zones prévues. Une belle vue ne justifie ni une manœuvre dangereuse ni la dégradation d’un terrain fragile.